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    Message d'excuse de l'ACCP aux communautés 2SLGBTQ+

    12/10/20 - 12/10/25

    Le chef Bryan Larkin, président de l’Association canadienne des chefs de police

    Le 10 décembre 2020

    Cliquez ici pour accéder à la version audio-visuelle du message d'excuse.

    Cliquez ici pour télécharger la version écrite du message d'excuse.

     

    Alors que nous célébrons la Journée internationale des droits de la personne, nous soulignons également un jour nouveau pour les relations entre la police et les collectivités au Canada. En ce jour, nous reconnaissons les droits et libertés universels auxquels nous avons tous droit, le droit de vivre en liberté et en sécurité, sans discrimination, peu importe la race, la couleur, la religion, le genre, l’identité, ou tout autre statut.

    Tandis que cette déclaration existe depuis plus de 70 ans, les individus bispirituels, lesbiennes, gays, bisexuels, trans, transgenres et homosexuels continuent à subir la discrimination et ce, à tous les jours. Alors que nous avons réalisé des progrès comme société et comme pays, il y encore bien plus que nous pouvons faire. L’heure est venue pour nous d’assumer la responsabilité de mener et d’être champions des changements systémiques nécessaires pour aller au-delà d’une déclaration, afin de créer une société qui est véritablement inclusive et équitable pour tous.

    La police a l’obligation et le devoir d’assurer le respect de la loi et a la responsabilité de créer et de soutenir des collectivités sûres pour l’ensemble des Canadiens. Toutefois, à certains moments, nous avons manqué à nos obligations. Nous avons pris des décisions et nous avons intentionnellement adopté des positions qui ont blessé les individus que nous avons juré de protéger.

    De véritables leaders dans le secteur policier doivent démontrer le courage, la compassion, l’intégrité, la transparence, le respect et l’inclusivité. De véritables leaders doivent être imputables. Les agences policières n’ont pas toujours appuyé les communautés de diverses identités sexuelles et de genre, et l’Association canadienne des chefs de police ne fait pas exception.

    Notre organisation s’est publiquement opposée aux changements apportés au Code criminel canadien vers la fin des années 1960 qui ont mené à la dépénalisation de l’homosexualité.  Malgré les amendements apportés au Code criminel par le gouvernement fédéral en septembre 1968, les services de police à travers le Canada ont continué à pénaliser les individus ayant une orientation sexuelle ou identité de genre différente.

    Les années suivantes ont été marquées par le harcèlement, la discrimination, et la persécution. Les agences policières ciblaient les Canadiens uniquement en fonction de leur orientation sexuelle, menant ainsi à une augmentation en matière d’accusations de grossière indécence et d’obscénité, d’emprisonnement, et de raids. Plusieurs personnes ont été accusées aux termes de la loi relative aux maisons de débauche puisqu’elles étaient tout simplement présentes dans un bar gay ou un bain public.

    Étant donné notre intolérance intentionnelle, nos propres membres ont souffert. Plusieurs agents assermentés et membres du personnel civil ont dû faire face à la discrimination, à la honte et à la perte d’emploi tout simplement à cause de leur orientation sexuelle.  Plusieurs ont mené des vies doubles puisque, peu importe qui tu étais, de s’affirmer ouvertement menait nécessairement à la persécution, à la violence, à des souffrances personnelles et économiques et, pour certains, au suicide.

    Nous ne comprendrons jamais pleinement le dommage infligé par nos actions et nos décisions sur les innombrables Canadiens que nous étions appelés à soutenir, à protéger, et à servir. Si nous désirons véritablement réparer les torts que nous avons causés, nous devons être imputables pour les méfaits attribuables à nos actions et nous devons entamer des actions publiques, concrètes pour réparer les dommages. Le moment est venu pour la réconciliation et la guérison.

    Au nom de l’Association canadienne des chefs de police, je présente nos excuses sincères pour les torts que nous avons causés parce que nous n’avons pas pleinement soutenu les Communautés bispirituelles, lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, transgenres et homosexuelles. Nous possédons maintenant une meilleure compréhension de l’incidence des lois, des politiques et des décisions sur la communauté. Nous réalisons aussi comment nous avons contribué aux préjugés institutionnels, à l’intolérance et à la violation des droits de la personne.

    Nous reconnaissons les conséquences de nos actions, soient la souffrance personnelle, la honte, et les traumatismes suscités par les positions que nous avons prises, ainsi que la vive méfiance et l’écart créés par celles-ci. Nos décisions et actions ont légitimé des attitudes et des croyances qui étaient discriminatoires. Nous assumons la responsabilité pour les méfaits du passé et, au nom de l’Association canadienne des chefs de police, je vous offre mes excuses.

    Au cours des dernières années, on a réalisé des progrès sans précédent pour ce qui est d’assurer les droits des populations bispirituelles, lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, transgenres et homosexuelles. Les appels au changement à travers le pays et partout dans le monde ont été profonds. Ceci comprend des changements au niveau des attitudes, de l’opinion et des positions prises par les membres de l’Association canadienne des chefs de police.

    Le Comité sur l’équité, la diversité et l’inclusion de l’Association canadienne des chefs de police nous a permis d’atteindre une meilleure compréhension et d’entamer un processus qui nous a mené au message d’excuse que je partage avec vous aujourd’hui. Bien que nous ne pouvons nous excuser pour les méfaits des services de police individuels, nous pouvons et nous devons donner l’exemple à suivre. 

    Les messages d’excuse sont importants. Toutefois, ils sont insuffisants pour créer les changements nécessaires. Afin de s’améliorer, nous devons faire plus encore afin que les communautés de diverses identités sexuelles et de genre puissent voir et entendre la sincérité de notre engagement. En partageant nos excuses aujourd’hui, il est important pour nous de joindre le geste à la parole.

    Ainsi, nous avons créé et publié une trousse sur les lignes directrices, les pratiques exemplaires et les recommandations à l’intention de la police quant aux relations avec les populations bispirituelles, lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, transgenres et homosexuelles afin d’aider les services de police à comprendre pourquoi un message d’excuse est nécessaire. Cette trousse fournit aux services de police locaux les ressources nécessaires pour effectuer des changements au sein de leur propre organisation pour entamer un processus de réconciliation et pour tisser des liens à leur façon avec les populations bispirituelles, lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, transgenres et homosexuelles dans leur région respective.

    On ne peut agir seul. Nous devons nous soutenir les uns les autres pour progresser et nous remercions les membres de l’Association canadienne des chefs de police et de la communauté qui nous ont aidé à franchir cette première étape.

    En dépit des progrès réalisés, 68 pourcent des individus homosexuels ont été harcelés, physiquement attaqués ou harcelés sexuellement à cause de leur orientation. 30 pourcent n’auront pas recours aux services médicaux d’urgence par crainte de subir de la discrimination et cette population est 14 fois plus à risque de commettre le suicide ou de devenir toxicomane. Il faut manifestement en faire plus encore.

    Il est essentiel que les policiers soutiennent les membres bispirituels, lesbiennes, gays, bisexuels, trans, transgenres et homosexuels dans leur communauté et leur agence. Nous devons faire front commun pour faire obstacle à l’homophobie, à la transphobie et à toute autre forme de marginalisation, d’humiliation, de manque de respect, et de haine.

    Les droits des personnes bispirituelles, lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, transgenres et homosexuelles sont des droits humains. Personne ne devrait être persécuté tout simplement pour qui ils sont. Tout le monde devrait être traité avec équité, compassion et respect. L’Association canadienne des chefs de police s’engage à vous appuyer. Nous assumons la responsabilité pour notre passé et je suis désolé des torts que nous vous avons causés.  Nous souhaitons l’occasion de pouvoir bâtir une relation de respect, de compréhension et de confiance. Nous envisageons avec enthousiasme l’occasion de travailler avec vous.  

    Merci.




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